Colum McCann | Et que le vaste monde poursuive sa course folle – chronique

Colum Mccann, Et que le vaste monde continue sa course folle - chronique littéraire

Colum McCann – Et que le vaste monde poursuive sa course folle | Chronique littéraire

Disparates et reliés

Dans Et que le vaste monde poursuive sa course folle de Colum McCann, tout commence où chacun se retrouve : sur un fil. Mais d’abord, les personnages vivent séparément leurs vies de poussières – scintillantes pour les uns, misérables pour les autres, poussières toutes. Destins disparates, séparés par les chapitres, les quartiers, les lots aléatoires de chance et de malchance. Mais tous reliés par ce fil d’acier, qui petit à petit semble attirer leurs histoires comme de petits aimants de pacotille, comme des mouches dont le sens de l’orientation a disparu. C’est celui du funambule dont le nom n’est jamais cité : Philippe Petit, qui dansa entre les deux tours depuis tombées.

Les portraits

New York, tandis que les mèches de la rêverie beatnik et de l’utopie hippie prennent doucement l’eau, les coeurs saignent le souvenir des frères de patrie perdus dans les jungles lointaines, et les âmes agglutinées dans la frénésie urbaine se démènent en plein chaos. On traverse le paysage de la cité de visage en visage. Le couple de la haute, bourgeois des quartiers chics, fondamentalement ébranlés d’une absence définitive – le même fils que celui des banlieusards ; le bon samaritain et ses chéries qui se vendent, son frère qui tente de le raisonner en finissant par se demander si ce n’est pas lui qui est à côté de la plaque au fond ; le couple d’artiste dont le succès les flambent par les deux bouts, puis se récupèrent au fond des bois, puis rencontrent l’accident que les ressuscitera ou pas ; et le fils génial qui tombe amoureux d’une inconnue au téléphone : un autre fil d’innocence possible.

La question non formulée

Je les imagine, chacun accroché au câble tendu au-dessus de l’abîme. Et les chaussons du petit homme dansant qui passent. Je ne sais pas si, quand il marche sur leurs doigts fatigués, c’est une caresse qui les sauve ou un pincement qui les achève. Mais ils tombent. Une délivrance ? Ou l’ultime coup du sort ? Je vois le danseur, incarnation de la joie, du désir, de la gratuité – que seul le juge au cœur troué cherche à brimer, mais même lui hésite.


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Artiste polymorphe suisse

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