Thomas Mann, Tonio Kröger | Chronique littéraire spontanée

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Lecture embarrassée entre l’envie de pouvoir – comme le narrateur (presque jusqu’à la fin) – séparer le monde et les gens en catégories bien distinctes, en se plaçant évidemment parmi la fine fleur, la bonne tranche, entre cette envie confortable et la conscience plus élaborée de quel manège intime et névrotique ceci procède. Trouvant du coup le livre assez immature, évidemment moins à la fin, même si peu convaincu de la résolution qui me semble encore très empreinte d’une lecture simplificatrice de la chose psychologique et sociale.

Et paradoxalement, inquiet de ne pouvoir me situer dans ces catégories brutes et grossières, de ne pouvoir m’inscrire clairement une position dans les échelles de valeurs qui sont là proposées, craignant même de me trouver au pire endroit : un entre-deux où des êtres créatifs se ridiculisent de ne pas connaître les vrais codes de la création et s’humilient en tentatives sentimentales et pathétiques.

Cet embarras et cette tentative de me localiser n’étant pas sans intérêt, et pouvant même être considérée comme de précieux effets de la lecture. Un livre d’esthète cependant, et véhiculant je trouve des représentations dures et vieillottes de l’art, de l’artiste, de la création. Et pourtant une très belle, vive pièce, un peu comme une gifle de sa brièveté. Peut-être un livre à lire en n’oubliant pas son contexte socio-historique ?


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Artiste polymorphe suisse

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