Vouloir autre chose

Photographie - Boris Dunand (www.borisdunand

(Est-ce que les choses retenues par peur ne seraient pas précisément celles qui auraient besoin d’être mise en jeu.)

Petite promenade. Ne sachant que faire d’autre, et ayant épuisé les capacités inspiratives de mes murs. Je les laisse respirer un moment, m’oublier, se refaire des histoires. J’ai donc demandé au trottoir d’autres contes, mais ils n’ont fait que bâiller à mon passage. C’est mon caractère épuisant sans doute, à vouloir toujours autre chose que ce qui a lieu. Et ce café ne sera pas mon ami longtemps, il y a fort à parier qu’ils s’amuse à secouer mon lit dans tous les sens vers deux ou trois heures du matin. Au moins j’invente ces imbécilités qui me nettoient un peu la pensée.

Ô comme ce dimanche fut bon avec moi. M’aidant à commencer le jour par le dehors et l’exercice, me fournissant assez de désir et d’énergie pour longuement et délicieusement travailler à mes affaires poétiques. J’ai été si content.

C’est seulement vers la fin du jour que ma propre agonie a commencé : la planète m’a soudainement abandonné, et je me suis trouvé comme un vieux bois mort le long d’un ruisseau à sec dans une vallée en double cul de sac. Sortir de chez moi est bel et bien revenu à gravir l’une de ses parois – j’exagère un peu, pour l’effet dramatique. Et maintenant je suis là, à m’empoisonner en toute conscience le sommeil, baigné de cris d’enfants que même les serveurs ne se cachent pas de vouloir égorger. Peut-être est-ce les parents dont il faudrait s’occuper. Bon bref, tu vois le paysage. Ce café de mauvaise augure, je tente au moins d’en tirer quelques rêves éveillés avec mes outils de troubadour.


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Artiste polymorphe suisse

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