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peur – amies ou ennemies

Il y a la peur d’avoir peur. Il y a la peur innée et la peur acquise. La peur qui sauve et la peur qui tue. La peur reptilienne et atavique, logée au fin fond du cerveau, et la peur cognitive assemblée au fil d’une seule vie ou de quelques générations.

Même si avoir peur c’est en gros toujours la même chose, en fait avoir peur de mourir, avoir peur d’un examen, avoir peur d’une discussion, avoir peur de sauter, avoir peur d’une araignée, ça en fait des goûts et des saveurs, des dimensions et des intensités. Il y a plein de peurs différentes.

Il en faut de la peur pour se sentir en sécurité. Il en faut beaucoup pour ne pas prendre des risques inutiles. Il suffit de peu pour ne plus rien oser. La peur fige et la peur bouscule, la peur provoque et elle détourne.

Certains vont là où la peur les nargue, d’autres l’évitent. Les mêmes font l’inverse aussi, sans s’en rendre compte parfois. On se raconte tous une histoire de notre rapport à la peur: cette histoire dit-elle tout de nous, ou juste ce qui nous arrange ?

Il m’arrive d’avoir peur de sentir ce que je sens. Parfois de ne plus rien sentir du tout. Je n’aime pas avoir peur, je n’aime pas ça du tout. Certaines peurs m’ont complètement empêché de faire ce que j’avais envie de faire. Quand j’ai finalement pu faire ce que je voulais, la peur était toujours là, mais je pouvais y aller avec. C’est un autre récit que la disparition de la peur, non ?

Et sans peur que reste-t-il de la joie, du soulagement, de l’euphorie, du dépassement, de l’épanouissement ? Mes peurs sont là, vigiles et alarmes de mes fractures et de mes désirs, pleines de sens et d’importance.

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