Genève dans le brouillard (photographies)

Photographie - Boris Dunand (www.borisdunand

Journal de bord créatif / 1er janvier 2022 – Genève dans le brouillard

Être au plus près de soi. Trop petit. Trop banal. Une quête se tend, croyant que le secret de la valeur est logé dans la tête des autres. J’ai des idées qui ne viennent pas de moi, et qui ne m’intéressent pas. « C’est dommage de ne pas faire plus de photos de Genève dans le brouillard, c’est rare ! » Euh… et est-ce que j’ai envie de faire des photos ? Le sentiment que ma vie m’échappe. Je devine que cela se joue déjà dans cette dérive quotidienne des coupures qui me privent de sentir les plus simples de mes envies.

C’était compliqué ce matin de rester avec le seul plaisir de photographier. Le désir de la capture, l’oeil aux aguets, le saisissement poétique intime, la vision cinématographique – à peine éprouvés tout au long de ma promenade, au profit de questionnements abstraits concernant où je devrais aller, ce que je devrais prendre, ce que je ferai des images, etc.

No more Instagram, Facebook, réseaux sociaux. Ça me donne envie d’investir plus mon site et la vraie vie. Le besoin de partager cherche d’autres adresses, et toutes sont moins immédiates, demandent de faire avec une temporalité bien plus proche de mon sens inné de l’espace et du temps, des relations. Ça met aussi en évidence les questions autour de mon intention, de mon but, de mon propos. Dès que je réactive les réseaux sociaux, ceux à très courte incidence, ça active en moi toute une série de sollicitations, de suggestions, d’excitations qui me font perdre toute capacité de ressentir l’essence de mon désir, d’un lien à mon présent, à ma présence ici maintenant, à mes sensations actuelles. Ne plus jamais les mettre sur mon téléphone – j’aimerais y croire (profiter de la trêve).

Ô que meurent toutes mes aspirations. Pouvoir me suffire de mes petits désirs quotidiens. Rester des heures devant une feuille blanche, sur un grand bureau, face à la fenêtre, enveloppé de musique lénifiante. Ça me manque. Fatigué d’être toujours à côté de moi. Je cherche le grand désert. Celui d’où j’écrivais le sable et le silence.

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