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Plexus | Je n’ai pas réussi – jouer dans la rue (Genève)


Je n’ai pas réussi. Jouer dans la rue. C’est une lutte à chaque fois. Je recommence pourtant, encore et encore. Et malgré les fois où je surmonte la peur, malgré le plaisir que je prends alors, malgré l’impression qu’une étape a été franchie, l’angoisse est au rendez-vous, sans cesse renaissante. Et aujourd’hui, elle a eu raison de mon désir. Je marche, guitare au dos, et ma chair n’est plus qu’un tas de cellules menacées, sur la réserve. Je me sens comme un animal qui n’a qu’une seule envie: rentrer dans sa tanière, dans l’ombre discrète de sa retraite. Pourtant l’aspiration d’exister au milieu des autres existe aussi: seul au secret je suis tranquille, mais la rencontre manque à la vie. J’ai croisé Mark Kelly dans les Rues Basses, le Mark Kelly qui joue et chante comme du feu vivant, un artiste que j’admire et qui mériterait mille fois plus d’attention (allez écouter sa musique: themarkkelly.com). J’ai failli ne pas dire bonjour à la personne avec qui il discutait tant l’anxiété colonisait toute ma charpente psychique. J’avais discuté de ça avec lui une fois: jouer dans la rue, c’est le truc le plus dur, « it’s the hardest thing, man » qu’il m’avait dit – malgré sa considérable expérience.

Bon, en attendant, j’ai fait ma carte de musicien de rue, et j’ai mis un bâton dans les roues de l’effroi: j’ai payé l’autorisation pour jeudi. Jeudi, je remets ça, obligé.

Couldn’t do it. Singing in the street. It is a fight every time. I try nevertheless, again and again. And in spite of times when I overcome the fear, in spite of the pleasure I have then, in spite of the impression that a stage was crossed, the anxiety is there, ceaselessly returning. And today, it won against my desire. I walk, guitar on my back, and my flesh is nothing more than a heap of threatened cells. I feel like an animal with a single desire: go into his den, into the discreet shade of its retreat. Nevertheless the pursuit to exist in the middle of the others also exists: in the secret I am quiet, but the sharing is lacking to life. I crossed Mark Kelly, the Mark Kelly who plays and sings like a fire alive, an artist whom I admire and would deserve one thousand times more attention (go listen his music: themarkkelly.com). I almost didn’t say hello to the person with whom he discussed, because of the anxiety colonizing my psychic skeleton. I talked once about that with him: playing in the street, « it’s the hardest thing, man », had he said to me although his immense experience.

Well, in the meantime, I made my street musician’s card, and I put a stick in the wheels of the dismay: I paid the authorization for Thursday. On Thursday, I am back, obliged.

Pour écouter en ligne:  jouer dans la rue jouer dans la rue jouer dans la rue



INFORMATIONS PRATIQUES POUR JOUER DE LA MUSIQUE EN VILLE à GENÈVE

ICIhttp://www.ville-geneve.ch/themes/environnement-urbain-espaces-verts/respect-tranquillite-publique

ATTENTION: LES INFOS QUI SUIVENT DATENT DE 2016, aujourd’hui, novembre 2018, j’ai l’impression que les règles ont changé (cf. lien ci-dessus), mais ceci n’est peut-être plus vrai –> Il faut aller au bureau au 29 bd Helvétique (tout près de Rive) ouvert entre midi et 2 aussi (le site n’est pas à jour), en prenant une photo d’identité (le site n’est pas à jour) et il font une carte de base (j’imagine qu’il en faut une pour chaque musicien – le site n’est pas à jour), et ensuite il faut payer 10.- par jour chaque fois que tu veux jouer (le site est pas à jour… 😉 )


 

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