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La liberté intérieure – une conquête, une vulnérabilité

Pour commencer, je n’aime pas cette expression de “liberté intérieure” – trop connotée, trop réductrice. Mais je l’utilise ici par commodité. Elle permet peut-être de s’entendre sur ce dont je parle: le rapport que l’on a envers soi-même pour être dans la vie.

Tu t’écoutes trop

La façon que j’ai de me guider dans la vie semble déconcerter certaines personnes. On me perçoit comme trop à l’écoute de mes besoins, trop soucieux de respecter ce que je ressens, trop délicat avec ce corps, ses sensations, ses vertiges, ses signaux. On m’invite alors à essayer de me faire un peu violence, à ne pas respecter ce principe que j’aurais, cette règle qu’ils me dessinent du « je ne ferai pas ce que je ne sens pas avoir envie de faire ».

C’est tout de même très perturbant, au fond – moi qui les écoute parler de règles quand je suis aux prises avec la question de la liberté intérieure (pour dire les choses simplement). Ils semblent faire un lien entre le souci manifeste que j’ai de prendre conscience de ce que j’éprouve et de tenter de m’y recevoir, entre ce trait et le fait que je sois parfois empêché d’avancer dans certaines directions qui m’attirent, dans certains de mes désirs.

Toucher juste – ou pas.

Et jusqu’à peu, ce terrain était si sensible, si vulnérable que ma réaction les laissait croire qu’ils touchaient juste et que je n’étais pas prêt à entendre, que je me fermais à leur proposition comme par confirmation de ma rigidité – preuve à leurs yeux que je tenais trop à mon «principe». J’étais alors pris d’une rage contenue phénoménale. Ils touchaient juste, sans aucun doute. Mais pas comme imaginé. Ils ne se rendaient pas compte qu’ils venaient de rouler tels des bulldozers sur une terre neuve, fraîche, à peine permise, en pleine éclosion, et que leur projection leur renvoyait une image inversée, le contraire exact de ce qui avait lieu pour moi. Ce qui pour eux était une contrition était pour moi un évasement.

C’est tout récemment que, grâce d’une part à la permission grandissante que je me donne d’être où je suis, et d’autre part à la curiosité bienveillante de la personne qui m’interrogeait, j’ai pu pour la première fois mettre en mot, sur le moment, calmement, la réalité de mon cheminement.

liberté intérieure - une conquête, une vulnérabilité

La liberté intérieure: un commerce délicat.

Non, ce n’est pas une règle, un principe, c’est tout le contraire. C’est une découverte, un cadre ouvert dont le contenu est sans cesse renouvelé – je ne saurais même pas comment en faire une règle. C’est un champ libre que j’ouvre devant moi. Un espace investi où je peux me donner le droit d’exister, mais où ce droit est à reconquérir sans cesse, dans chaque situation. Une quête qui se compte en mois, en années, en angoisses, en douleurs, en brisures de joie, en respirations soudaines. Ça n’a pas de prix. On ne pouvait rouler là-dessus au temps où j’étais en pleine découverte sans que je ne me révolte légitimement, sans que je n’en perde mes mots, n’en balbutie, m’énerve, m’agite.

Je découvrais une liberté dont je ne connaissais même pas le goût, qui m’était interdite de l’intérieur depuis toujours, qui était quasiment sacrilège au vu de mes exigences et de mes limites, et on venait me dire: tu te permets un peu trop de douceur à ton égard, tu fais trop attention à toi, tu te donnes trop de mou… Je découvrais la permission de m’en donner! Des voies jusqu’alors impossibles se dégageaient et eux m’invitaient sans le savoir à revenir dans la nuit et l’étroitesse.

La liberté intérieure: la plus grande (?)

C’est une conquête d’une intensité totale et discrète, une conquête de liberté, peut-être LA conquête de LA liberté des libertés. – (?) Je n’ai pas la réponse. J’en connais l’intensité.
De multiples questions et thèmes me viennent à l’esprit en écrivant ce texte. J’essayerai d’y revenir et d’élaborer. N’hésitez pas à laisser un commentaire, une réflexion ci-dessous. Merci pour votre lecture. (Lire d’autres textes)

Boris


 

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