Le poids des choses | court métrage

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Le soleil passait sur eux sans bouger. Lui était toujours perdu dans ses créations. Elle tenait la barre, malgré la fatigue. Les nuits leur envoyaient des cauchemars comme des trains fulminant à toute vitesse dans l’obscurité
Il filmait sans savoir, prêt à ne rien utiliser pour une fois. C’était des poèmes inspirés de chansons improvisées qui volaient indécis et assoiffés sous son front. il avait tout oublié, la nourriture, le vin, le poids des choses. Perdue, la petite flamme d’excitation créatrice. Elle n’avait pas oublié, mais n’avait plus la force, et tout le poids à porter quand même.

Leurs humeurs faisaient des voiles, le monde n’était pas si plaisant que d’habitude. Elle se débattait dans la fatigue et les manques. Il avait du dédain pour son propre travail. Un disque rayé, un sillon d’ennui. Il voulait apprendre quelque chose de nouveau. Il n’arrivait plus à discerner ses exigences de ses besoins. Elle aspirait juste à un peu de repos et de confort, d’attention.

Un pont leur donnait la danse, celui des livres, les livres d’auteur et les livres du paysage, les images du dedans et celles du dehors. Steinbeck tenait la main à Proust, Thomas Man faisait la lecture à Justine Levy. Et cette neige tombée entre deux cauchemars avait égayé leurs regards matinaux. Elle avait fait disparaître sous son léger manteau blanc les innombrables pustules de ciment, redonnant à la contrée sa belle allure sauvage. indomptable en réalité, de toute manière.

Parfois la parole s’épuisait et ne trouvait pas son chemin. Toutes les histoires se tissaient de mailles imparfaites. La patience, la tendresse, enracinées quelque part aux sources du lien, permettaient de rentrer à la maison. De retrouver la douceur, encore une fois.

Artiste polymorphe suisse

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