Je ne voulais pas faire cette liste:
Nuit complète et ciselée, comme le mal de tête du réveil.
Comme la journée d’hier. La force était là, élan et détermination. Une tranchée.
(Admin de Coco chez Coco pour terminer, et délicieuses pâtes aux asperges, citron et pignons de pins.)
Nombreuses interactions au travail, dynamisantes.
Répété ma chanson. Eu l’idée d’une phrase en montant à vélo – oh ça c’est génial.
Je voulais pas faire de liste.
Mais je sens ce besoin de me raconter en gros la veille.
Repasser dans la journée.
C’est un problème quand je pense qu’à la place je pourrais écrire de la poésie, des choses imaginaires. Parfois j’arrive à utiliser les éléments et les transformer en récit poétique – et ça joue les deux rôles en même temps. Mais parfois, j’ai trop besoin de dire des détails, des choses pratiques, factuelles. Et ça ferme l’écriture dans une sorte de liste de courses. Pourtant c’était important d’écrire le repas préparé par Claire. Pourquoi ? Je l’ai particulièrement apprécié. Un ancrage pour le reste du souvenir ? Surpris, content et fier de ma journée d’hier, il y a ça : j’ai bossé le matin pour moi, l’après-midi pour le musée, le soir pour Coco, sans rechigner, beaucoup, longtemps, efficacement. Je me souviens avoir eu envie de noter toutes les choses faites à midi, et de pouvoir les montrer à quelqu’un et qu’on me dise : Eh beh ! Chapeau !
Ça me frappe ces jours, cette écriture du journal très prosaïque. Elle m’interroge. Par quel besoin suis-je mu ? Pouvoir au moins avoir le goût de cette nécessité intime, puisque souvent le résultat n’est pas très intéressant : pas poétique, pas partageable, pas créatif, un peu plat. Un peu plat mais nécessaire, apparemment.
J’aime bien par contre faire de la place à cette question, tout en livrant la platitude. Je me sens vraiment au cœur de ce qui m’habite, même si je ne sais pas exactement ce que c’est.
