Comment répondre aux méchants commentaires

comment répondre aux méchants commentaires

Mon premier méchant commentaire

J’ai récemment eu droit à mon premier méchant commentaire sur youtube.

C’était sur cette vidéo.
J’y fais une liste non exhaustive des différentes peurs qu’on peut ressentir, pour tenter de mettre en évidence que c’est un phénomène complexe et subtil qui mérite de s’y attarder, plutôt que de vouloir juste ne pas le ressentir.

Très vite je me suis demandé: comment y répondre ? Dans la nuit qui a suivi, j’ai eu une idée: il me manquait une voix off pour ma prochaine vidéo, et dans mon demi-sommeil, la réponse s’écrivait déjà. Voici le film que j’ai fait pour répondre.

Pour moi il est important de ne pas « réagir », de ne pas envenimer le dialogue, et de pouvoir quand même m’offrir un espace de réponse. Avec le plaisir non négligeable de renvoyer l’interlocuteur à sa propre subjectivité, en douceur et/ou avec fermeté, selon le goût et le penchant de chacun. En déconstruisant ma réponse, j’ai pu dégager une structure qui peut aider celui ou celle qui ressent le besoin de répondre à un méchant commentaire sans savoir comment s’y prendre.

Les 5 étapes pour répondre aux méchants commentaires

1. Faire le travail interne pour comprendre ce qui a été touché

Si le commentaire te blesse, s’il te touche, c’est qu’il te touche. Ça ne sert à rien de te raconter des histoires, de tenter de te rassurer: la personne a mis le doigt sur quelque chose de sensible. Tu te rends service, si tu commences par ça. Tu vas pouvoir t’intéresser à cette partie qui a été atteinte, apprendre quelque chose, en prendre soin. Il s’agit donc d’accepter d’être touché et d’aller y voir de plus près. Ca permet en plus de pouvoir répondre sans réagir à l’attaque, sans chercher à se défendre ou à contre-attaquer (ce qui risque fort d’envenimer la situation). Quelque part, c’est un cadeau que la personne te fait sans le savoir: elle te donne l’occasion d’avoir accès à quelque chose de toi qui sinon resterait invisible à tes propres yeux. Si tu arrives à être curieux de ce qu’il se passe en toi à ce moment là, tu as gagné la partie: “ah, tiens, je suis touché là, ça me fait mal, qu’est-ce qui se passe, c’est quoi qui est atteint en moi ? Est-ce que c’est vraiment en lien avec ce que la personne dit, ou bien ça vient réveiller mon histoire personnelle ?”

2. Reconnaître et affirmer

Je pense que rien ne désarçonne mieux qu’une forme d’authenticité: dire que le commentaire t’a blessé peut être la meilleure défense. Parfois ça permet à l’autre de prendre conscience qu’il y a quelqu’un en face. Pas besoin de rentrer dans le détail, mais juste faire exister l’émotion ressentie. Et aussi, dire que ce n’est pas ok: affirmer tes limites, sans rabaisser l’autre.

3. Essayer de comprendre / interroger / clarifier

Est-ce que j’ai bien lu, bien entendu, bien compris le commentaire? Est-ce que je l’ai lu de travers? Que voulait-il dire exactement? Est-il explicite, sinon quel en est le sens implicite?

Pour avoir ces réponses, il faut demander, interroger l’auteur: qu’a-t-il voulu dire exactement? De quoi parle-t-il, de quelle partie du travail, de quel aspect? Il peut s’avérer surpris de la curiosité qu’il reçoit, à la place d’une insulte ou d’une attaque. En retour de son mot désagréable, de son jugement, il reçoit de la curiosité, de l’ouverture, de l’intérêt, une proposition de dialogue. Ce n’est très certainement pas ce qu’il attend.

Moi je sais que c’est une façon de prendre une forme de revanche: il n’a pas réussi à me désarçonner, et je suis prêt à entendre ce qu’il a à dire, même si c’est pire, plus élaboré, plus construit. Je suis là, et j’écoute, je suis prêt, je suis curieux d’entendre sa sensibilité, son vécu, son impression, son opinion. (Au fond, c’est toujours intéressant d’entendre ce que mon travail fait vivre, en bien ou en mal).

4. Renvoyer l’auteur à sa propre subjectivité, avec douceur et/ou fermeté

Avec ces questions, l’auteur du commentaire est renvoyé à ce qu’il a cru pouvoir me faire porter: son jugement parle tout d’un coup plus de lui que de moi. En effet, il se trouve contraint de parler de lui, de ce qu’il a ressenti, de ce qu’il a vu, de ce qu’il pense, au lieu de définir l’objet qu’il a eu devant ses yeux. Il doit s’engager dans la relation.

5. Ramener dans la réalité

Pourquoi ne pas inviter l’auteur du méchant commentaire à réaliser encore un peu mieux qu’il y a une personne en face ? Qu’il ne la connaît pas, et qu’il pourrait être surpris de l’apprécier dans la vraie vie. J’avais écrit ce passage: « Je parie qu’au fond, ce n’est pas ton intention, que ça t’a échappé. J’ai envie de croire ça. Et je te remercie  de m’avoir inspiré ces autres questions, au risque que tu les trouves tristement banales également. Tu es peut-être un type sympa, et j’en suis peut-être un aussi. Peut-être que dans la vie réelle, on aurait eu un échange intéressant, cordial, constructif, digne. Penses-y la prochaine fois que tu poses un commentaire. »

As-tu reçu un méchant commentaire ?

Voilà. J’espère que ce témoignage sur comment répondre aux méchants commentaires peut t’aider. Écris-moi ci-dessous un méchant ou un gentil commentaire pour me faire savoir comment et à quelle occasion tu as pu utiliser cette petite marche à suivre ! 😉


Je réalise des courts métrages autobiographiques, tu peux t’abonner à ma chaîne pour les découvrir régulièrement, voici une de mes playlists.


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Artiste polymorphe suisse

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