Je suis à la « croisée des chemins ». Ce creux de vague, comme un essoufflement de l’inspiration, une respiration, une pause dans le désir. La satisfaction d’un besoin de raconter. Je peux attendre la prochaine vague, rester attentif, profiter de l’ennui. Ou, je peux passer à la suite : les tâches et les chantiers, les actions pragmatiques, décidées. Si je reste dans l’entre-deux, c’est que je n’ai pas envie de quitter la douceur, le farniente, le repos, la rêverie dans laquelle je me trouve alors. J’attends, les yeux dans le vague. Parfois, surgit encore un élément de la veille, une pièce qui m’importe. Une note, une saveur rencontrée dont j’ai envie de tracer le contour. Un sentiment tout juste perceptible affleure, presque oublié. Ne rien perdre, imprimer mieux encore, inscrire. Tourner les impressions en bouche comme une délicieuse essence.
Ce partage est extrait d’une série plus longue publiée sur mon Patreon: Croisée de chemins
