J’ai découvert cette année une tension entre les rituels créatifs quotidiens qui m’aident à créer et comment ils peuvent aussi empêcher la rencontre avec un authentique désir de créer. Mettant en difficulté ma capacité à avoir un regard sincère sur ma motivation à créer. Comment préserver l’improvisation et l’authenticité dans un geste qui risque devenir mécanique ?
Dans ce film, entre réflexion philosophique et poésie visuelle, je m’interroge sur ma tendance à vouloir contrôler ce qui n’est pas contrôlable: encapsuler le vivant pour le répéter à l’identique, l’assurance de l’échec !?
Je me demande si cette question n’est pas l’occasion de créer le style de film que je préfère réaliser et partager: du quotidien, du brut, mélangé à un peu de poésie et à des questionnements intimes autour du lien à soi, aux autres et à la créativité. C’est une forme qui revient.
J’en vois d’autres
- Les films plus épurés et monochromes, très orientés poésie et esthétique de l’image, qui répondent souvent (pas tout le temps) surtout à des exigences internes qui me font par ailleurs souffrir. Mais dont le résultat parfois me plaît beaucoup.
- Les partages prosaïques (nouveau livre, création d’un mini-zine, etc.), pourquoi pas, mais je ne suis pas sûr que je les ferais si je n’avais pas l’espoir qu’ils soient plus recherchés sur la toile et qu’ils m’apportent un public. Je pourrais arrêter.
- Les récits de voyage et de vacances: je suis content de les avoir fait après coup, mais ce sont ceux qui me coûtent le plus d’énergie, de travail et d’effort, de patience. Au point qu’ils sont source de stress avant le départ.
- Les shorts, que je réalise essentiellement motivé par l’algorithme (qui les aime tant) de nouveau, mais dont l’exercice est formateur pour apprendre à ne garder que l’essentiel.
Tu vois aussi dans ta pratique des répétitions de forme ? Je trouve hyper difficile de les repérer, de comprendre ce que je fais, ça me demande un temps et un recul colossal.
