La créativité prend de plus en plus de place, en moi.
Elle s’installe. Elle prend ses aises. Elle demande aussi, elle demande davantage. Sans aucune prétention. Je me vois dans un grand atelier, à la campagne, passer mes journées entières à créer. Pouvoir enfin profiter des après-midi pour terminer mes livres, en commencer d’autres. Dessiner davantage. Chanter davantage. Avoir le temps d’écrire de nouvelles chansons.
Ça s’assied en moi. Ça prend ses quartiers. Ça trouve ses marques. Ce n’est plus tant les idées, fantasmes, représentations que j’avais avant, qu’une pratique qui s’inscrit dans le quotidien et dans le corps. Et c’est comme si je pouvais en reconnaître l’importance. Ces activités sont importantes pour moi. Je dois dire que d’en être extirpé par les nécessités du réel n’en est que plus douloureux. Ce divorce-là me semble de plus en plus difficile à endurer. Malgré qu’au musée j’aie l’occasion de faire beaucoup de photographie et de vidéo, de plus en plus. Mais de toujours devoir m’arrêter avant d’avoir eu assez, de voir dans les coins ces projets quasiment terminés pendant des mois et des mois, attendre le moment où la durée va s’ouvrir assez pour que je puisse m’y mettre. Aussi de deviner tout ce qu’il y aurait à faire, les élans, les compétences, les matériaux sous-exploités.
Vivement la retraite je te dis !
