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Chris Whitley – Dirt Floor (1997) / chronique

Chris Whitley – Dirt Floor (1997) / chronique écrite en 1999

Les quatre premiers albums dont Chris Whitley a jalonné sa route avec pudeur s’imposent pour tout mélomane friand de chansons intimistes aux structures inattendues. Surtout pour celui qui a le goût de ces disques qui ne se cachent pas derrière un mur d’effets synthétiques. La voix et ses circonvolutions, les open tuning de la guitare en métal, le finger picking complexe, le songwriting inspiré – tout est d’une singularité absolue, inimitable.

4 disques

Ceux qui ont aimé le premier « Living with the law » (folk-rock limpide et envoûtant), auront peut-être dénigré le deuxième « Din of ecstazy » (plus puissant, sauvage et bruyant mais toujours aussi céleste), et le troisième « Terra Incognita » aura sans doute joint les deux bouts. Durant ces trois premières productions Chris Whitley est accompagné : un guitariste jouant du larsen comme on se brosse les dents (c’est-à-dire avec science et discrétion), un bassiste qui n’en rajoute pas plus qu’il n’en faut, et un batteur qui s’aventure en des contrées surprenantes qui le rendent tout à fait atypique (en tout cas pour ce qui est du premier album). Et si les inconditionnels rêvaient, sans trop y croire, d’un quatrième opus où l’homme se retrouverait seul avec sa guitare, et bien voilà, c’est chose faite avec Dirt Floor.

Sol de poussières

Et c’est chose bien faite pour en dire peu ! Le mystère règne quant aux influences subies, et les comparaisons s’avèrent difficiles… On l’imagine plutôt seul chez lui, dans une baraque paumée du Texas, en train de bidouiller son Dobro (guitare faite de métal) pour l’accorder comme bon lui semble, recherchant les harmonies les plus étranges en s’inspirant de l’odeur aride des terres environnantes et des mélopées venteuses du désert. Un ou deux airs de blues, quelques chansons de folk et le chant des paysans de son coin d’Amérique semblent composer les seules traces identifiables que l’on puisse retrouver dans le creux de ses chansons (qui n’ont pourtant rien de dépassé): Mr Withley a su créer une atmosphère singulière, immédiatement reconnaissable. Ceci grâce à son jeu de guitare et ses accords mystérieux, parfois presque dissonants, et à sa voix, forte en poitrine, transparente et veloutée en falsetto, qui se laisse emporter par les mots et virevolte de bas en haut en décrochages et vols planés parfaitement maîtrisés.

Épure

Quintessence de l’émotion, ce quatrième album risque de ramener à la surface quantité de souvenirs enfouis sous vos carapaces. Encore faut-il être disponible pour ce genre de voyage.

 


Chris Whitley est décédé à l’âge de 45 ans d’un cancer. Musicien hors norme, génie méconnu, il fait partie des artistes qui m’ont le plus influencé. Lire sa biographie, touchante histoire de vie.

Curieux de lire mon texte sur la chanson « Look what love has done » de Chris Whitley ? 
Visitez cette page des Éditions Cousu-Mouche !

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