Les creuses tentations

Le film en cours. Les photos. Une distance. J’ai un peu perdu le fil ? C’est pas exactement ça. Mon aiguille se fait attirer par un aimant. J’en ai un peu perdu le goût de mon nord. J’ai perdu en surface de contact entre ces objets et ma peau. Depuis l’échange avec le groupe ? Non. Depuis la remise en route des réseaux sociaux. Le groupe et mon souci de réciprocité n’aident pas, mais ça a commencé avant. Je vais tenter de décrire cela le plus précisément possible. Avant, pendant un mois, il n’y avait aucune option pour publier quelque chose quelque part. Ça n’existait pas. Il y avait moi, mon désir de créer, et la chose en cours, ou la chose faite. Et éventuellement le désir de partager, non contenté et d’autant plus vif.

Depuis que les canaux sont à nouveau ouverts, la possibilité du partage vient me titiller avant même d’avoir fait quoi que ce soit. Comme un univers de possibles devant moi, hors de moi, rempli de promesses confuses, et qui me fait me demander : « Ah tiens oui, qu’est-ce que je pourrais bien y mettre ? » Un plateau fait de trous aux formes particulières, et j’ouvre mon sac, et je cherche dans mon sac un des objets récemment réalisés ou plus anciens qui pourrait passer dans un de ces trous.

C’est l’aimant qui attire mon attention. C’est ce dont je ne veux plus. Revenir au plan de travail, sentir le goût délicieux de cet espace intime, clos, à soi, où les choses se font sous mes yeux, entre mes doigts, pour le simple plaisir d’être faites. Me rouler dans cette onctuosité-là. Jusqu’à oublier les creuses tentations. J’y crois encore, à la possibilité d’avoir les canaux ouverts sans y être aspirés. On verra.

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