Je me sens un peu vulnérable depuis ce partage de François Bon au sujet de mon dernier post Patreon. Ça m’a mis un gros coup de projecteur. Évidemment : plaisir, joie, quelque chose de bon. Mais aussi surprise : que cela vienne de lui, que j’estime particulièrement et auquel j’alloue des compétences qui me dépassent de très très loin. Et que ce soit sous les yeux de celles et ceux qui le prennent (j’imagine) comme un repère, une référence, sinon un pair, donc un égal. Des yeux qui, en toute logique irrationnelle de ma part, connaissent très bien leur affaire également.
Donc oui gros plaisir, mais pas seulement. Une sidération. Me voici visible, et attendu. Ça me fait exister, ou du moins me rend conscient que j’existe. Toutes les exigences se rallument. Pression pour la prochaine vidéo, pression pour le prochain post Patreon, pression pour mes choix personnels d’usage des réseaux sociaux. Pressions qui s’activent toutes seules, aucunement émises par l’extérieur. De quoi j’ai peur ? D’être surpris en flagrant délit d’usurpateur, de prétention, d’illégitimité. J’observe cela se faire. Perdu un bout de tranquillité. Important de sentir et saisir ça.
Ça m’éclaire aussi sur la qualité tellement désincarnée du fantasme de succès ou même de validation institutionnelle simplement : je n’ai pas idée de la terreur dans laquelle je pourrais me trouver.
Compliqué ce matin de me mettre dans quelque chose. C’est comme si le chemin était miné, dangereux.
