Créer, c’est (aussi) ranger

Mes notes de l’observatoire me manquent. Cette continuité en moi du processus créatif, sa vivacité en ma conscience, l’intérêt que je peux y porter. Ça me semble loin, presque abstrait. Il me faudrait relire toutes celles écrites pour me dire : ah, c’est ça, c’est ça que j’y raconte, que je rencontre, d’accord. Je ne sais plus. C’est comme si on avait retiré un miroir de mon atelier.

C’est aussi que j’ai fait d’autres choses dans l’atelier, d’autres choses que m’exprimer à travers des créations. Je n’en avais pas envie, je n’en ressentais pas le besoin, et j’ai mis bien deux jours à le reconnaître. Obstiné, coincé devant mon bureau à essayer, regarder mes listes, incapable de me concentrer, anxieux et agité, ne trouvant satisfaction dans aucun geste. Un bout de moi se souvenait : je connais cette difficulté. Reconnaître que le désir manque, accepter de donner la priorité à autre chose. Même si, testant les autres territoires, je sens assez vite que là-bas c’est plus facile. Ça circule mieux. Ça y va. Ranger des affaires, nettoyer, penser l’organisation, débarrasser des choses.

Et tout d’un coup, ça devient plus clair : j’ai besoin de ranger mon atelier. C’est le bordel, je suis assailli par une sorte de chaos environnant, et fondamentalement ça me prive d’un confort dans lequel je peux m’abandonner à la créativité. J’y rechigne, fort et longtemps, puis j’y consens, je m’y mets, ça devient bon, et enfin ça se fait. Petit à petit, l’espace retrouve une clarté.

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