Ça a l’air simple

Il me semble que mon usage du journal a légèrement changé ces derniers temps. Si j’exagère le trait, c’est comme une bascule : du déversoir à humeurs au chantier de réflexion créative. Un lieu où je m’occupe de ça, quotidiennement. Moins le refuge de toutes les frustrations et davantage une table à dessin pour griffonner mes plans. Une transformation qui arrive, sans surprise, au moment de cet éprouvé récent : je me sens m’asseoir dans ma créativité, prendre possession de ces gestes, de ces activités, c’est ma maison, c’est chez moi, c’est vraiment mon affaire, ça compte vraiment, je pourrais en faire bien davantage si j’avais le temps, j’aurais le goût d’en faire plus, j’aime ça, ça compte pour moi, je m’y sens bien.

Loin des questions de légitimité, d’identité, d’étiquetage : c’est de l’art, c’est pas de l’art ? – Mais alors, rien à battre. Ça ne m’effleure même pas. (La gêne me revient par contre de montrer que cette question existe encore quelque part en moi. Je la trouve vraiment débile – disons creuse, absurde, et de surcroît invalidante.)

Je fais. C’est tout. C’est une pratique concrète. Ce film que chaque soir je regarde en notant les choses qui ne me conviennent pas, corrections que j’exécute le lendemain. Un jour, des mots vont venir en écho, je les écrirai. Puis je les enregistrerai au moment où j’en sentirai l’envie, où la rue sera calme, où ma voix ne sera pas étouffée de fatigue. Je fais les trucs que j’aime faire. Ça a l’air simple.

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