Interdiction de photographier

Étonnant comme l’interdiction de prendre des photos, de filmer, d’enregistrer – d’accumuler du matériel, vient se loger comme un frein très réel à aller quelque part. Une promenade à Nyon ? Vers les marais de Vandœuvres ? Oui ! Ah, mais sans appareil photo ? Le couperet tombe : plus envie. Ce serait avec quelqu’un, passe encore, mais seul, non.

J’ai pourtant vécu ces promenades du matin et du soir, sans appareil à enregistrer le réel autour du cou ou du poignet. Moi, mes pas, le monde, mes yeux. Et j’en ai vu des photos. Et c’était supportable de ne pas les prendre. C’était aussi tout à fait ok de ne prendre qu’une seule photo noir et blanc le soir de l’éclipse, avec mon minuscule Olympus XA3 (35mm). C’était bon aussi de savoir que j’allais rentrer chez moi sans une nouvelle pelletée à ajouter à mon fardeau : un vrai soulagement. Comment ne pas voir aussi les avancées que j’ai pu enfin faire sur mes livres depuis la pause ? Donc, non, je ne céderai pas. Et je trouverai le moyen de franchir cette butée. J’irai me frotter au monde sans appareil. Il me reste les mots, le dessin.

Mais surtout, surtout : qu’est-ce qu’il se passe pour qu’un enregistrement tangible soit aussi impérieusement nécessaire ? Intéressant de s’y intéresser.

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