Humeur accrochée à la nuit. Il ne faut plus resplendir. Je m’éteins peu à peu. J’ai des livres à la poubelle. Je ne veux plus rien posséder. Mais je mourrai avec mes Fante et mes Miller sur mes étagères. Il fut un temps où j’étais passionné, cultivé. Je ne connais plus rien. La toile m’a désossé. Je suis un fantôme. La seule chose que je connais mieux qu’avant, c’est ma vie. Sinon, toute consistance s’est diluée. Évaporée dans l’éther des 1 et des 0. J’écris à la plume pour me ressaisir. Mon espoir tire la gueule. Il sirote un café sur une toute petite place dans le port d’une île grecque où personne ne va. Calme, mais conscient de la nuit qui tombe partout ailleurs. Je lui fous la paix. Ça fait du bien d’être malheureux parfois. D’avoir perdu toutes les guerres. J’y trouve une délivrance.
