traversée de cyclone
peau qui brûlait
lessivé
corps dans les vagues au bord de la plage
j’ai tout donné
pris le plus grand des risques
et maintenant la solitude
XXXXXXX (journal intime) XXXXXXXXXX
Mes premières lignes en-dessus là, tu vois, je comprends ce truc : en fait avec la poésie je peux exprimer la même chose que tout ce qui vient ensuite, et de façon plus forte, avec beaucoup moins de mots. Ça me fait plus de bien je crois même. Mais j’ai ce besoin de partir dans la description précise, de raconter les détails, de faire le récit de qui a fait quoi, qui a senti quoi, comment on s’est parlé, ce qu’on s’est dit, ce qui a été difficile, même si par ailleurs ça me coûte. J’ai senti tous les jours, ces derniers matins, au moment de me mettre à l’écriture du journal, je crois un « j’ai pas envie ». J’ai pas envie d’aller là-dedans – de devoir « tout raconter ». Et à chaque fois je ne peux pas m’en empêcher. Sans non plus qu’une fois terminé je me dise : bon ça sert vraiment à rien, la prochaine fois c’est « poésie ou ferme ta gueule ». Non, au contraire, je découvre des choses, je me comprends mieux, je débouche sur des clartés importantes. Mais la poésie n’a jamais sa place.
A vrai dire, la poésie je m’en fous, mais pas ce qu’elle me permet de vivre : écrire sans penser, écrire en sentant seulement, le soin que ça me donne, la douceur, le réconfort, le coussin.
Je pose ça là. Comme le début d’une recherche d’équilibre.
