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Madame et Mademoiselle / Vanessa Beck-Hurst et Juliette Granier en duo

Madame et Mademoiselle / Vanessa Beck-Hurst et Juliette Granier en duo

L’inspiration est un lieu à haute vibration mythologique. Chacun se l’explique, tisse son hypothèse. C’est avant tout une expérience, qui reçoit une quantité de définitions sans doute à la mesure de ce qu’elle leur échappe résolument, précisément. Vanessa et Juliette la connaissent bien, l’expérience. L’une oublie tout, un soir: le temps, le repas, mari et trois enfants, l’univers, et se retrouve avec six chansons quelques heures plus tard – Vanessa, B. de pseudo naît peut-être là, dans cette soirée de solitude et de rencontre, guitare, papier, voix et l’âme d’un gospel. L’autre semble surgir d’une herbe folle, d’un étincelle de feux d’artifice, au milieu de mille autres éclats, toute perlée de musique et de mots depuis la tendre enfance, Juliette B. prend vie en Juliette Granier, en ajoutant à ses touches de piano une voix qui ne s’attendait peut-être pas à chanter. Deux musiciennes professionnelles, deux amies, deux femmes, duo de musique inspirée, Madame et Mademoiselle avancent perchées sur leurs jolis talons, leurs rires infinis et une connivence qui frappe, une complicité qui ravi leur public.

Aux aurores, il fut question de musique classique, puis le style Klezmer a réuni quelques improvisations et amis musiciens, avant de tendre vers un vaste répertoire de reprises, pour que finalement, comme un lent processus débouchant sur une épure, les compositions personnelles apparaissent, timidement, mais avec la force du désir, l’intensité d’un irrépressible besoin d’expression, et la beauté d’un mariage d’origines et d’héritages bigarrés, cosmopolite. L’on passe ainsi d’une ambiance de cabaret confiné dans une ruelle parisienne (Gainsbourg, Brel…) à l’ouverture d’un chemin poussiéreux sur les terres outre-Atlantique (Dylan, Baez…), déambulant avec grâce dans une grande salle coiffée de lustres avant de se retrouver dans le vulnérable d’un cabanon de bois où ne brille qu’une pâle lueur de bougies – univers ici perméables, se contaminant parmi. Le folk d’une poésie rustique côtoie et visite celle, lyrique, des raffinements d’harmonies savamment enchâssées, le verbe rugueux de la terre s’adressant avec sa digne componction et son cœur à nu aux dentelles mélodiques visant les parcelles plus éthérées de nos êtres – les langues (français, anglais, espagnol, bientôt grec) se mélangent comme les airs, chaque musicienne accompagnant l’autre, se prêtant des compositions, se laissant porter par la musique et son plaisir indicible, sa mystérieuse énergie, acceptant d’être ainsi livrées au merveilleux de l’inspiration, objets du désir musical, source inépuisable d’enchantement – pour elles-mêmes, et donc, sans doute, pour les autres.

Elles proposent l’occasion d’une rencontre le 12 septembre aux Recyclables (www.recyclables.ch), ou quand cela vous arrange sur leur site à cette adresse: www.facebook.com/Madame-Mademoiselle !

Signé: Boris Dunand / pour le journal Nouvelles de quartier
Image Adrien Beck
Vanessa Beck-Hurst: B.
Juliette Granier: www.juliettegranier.net