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Traitement fatigue: écrire

Parce que je suis épuisé. J’aurais pu me réfugier dans les goûts, le salé, le croquant, et les images, l’histoire contée, les personnages, l’oubli. J’ai pensé venir ici et ça m’a parlé. Je me suis rappelé que c’était là que souvent m’emmenait la fatigue, un temps. Là, au pied des mots, où il suffit de les laisser parler, tandis que je rêve en écoutant la musique de mes langoureuses mélancolies. Peut-être serai-je ravivé sans avoir le ventre plein, le corps en pagaille, assailli par d’autres efforts que je ne maîtrise pas. Peut-être les mots seront-ils plus légers à digérer. Cette écriture-là n’est d’aucune force, elle est le contraire de la volonté, de l’effort, de la saisie. C’est comme un long banc au bord du paysage. Il suffit de s’asseoir, la vie défile, je cueille.

J’ai beaucoup écrit pour ne rien dire, pour observer seulement. Pour me raconter ce que je vois, sens et pense. Ce n’est de premier voyage qu’un dialogue privilégié avec moi-même. Un rendez-vous, l’offre d’une rencontre. Il fut besoin, nécessité de premier ordre. D’autres arrangements intérieurs l’ont aménagé autrement, sans doute, et j’y reviens le sentiment mélangé. Le regret de n’être plus prolixe… le soulagement immense quand les deux portes se ferment et que je recommence à voir… les plaisirs sensuels : celui mécanique d’inscrire les mots, à la plume ou à la touche, et celui d’éprouver quelque chose d’une matière gustative, les mots semblant pouvoir être pétris en bouche, mâchés avec délectation… l’émoi aussi parfois d’un choc des retrouvailles où je peux me demander où je fus pendant tout ce temps passé loin du recueil, de cette chanson du dedans, de cette intensité du regard…

J’ai deux condiments à ce rituel, dont il est très rare que je puisse me passer : une drogue – le plus souvent le café, ou exceptionnellement, si le soir est trop avancé, l’alcool ; et la musique qui prend ma conscience en étau, de deux larges mains lénifiantes, vaporeuses, pathétiques, que j’écoute comme une liturgie et qui m’enfoncent loin, très loin dans le plus débile des états de conscience.


 


Ma chanson “In a dream” est sans doute ce qui se rapproche le plus de ce texte: accueillir la fatigue comme lieu source.
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Un grand nombre de mes recueils se déclinent sur ce même thème (Le Vague des Airs, Effleurements…): bibliographie