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Le passage du dedans au dehors | subjectivité

MA SUBJECTIVITÉ INVENTE-T-ELLE LE MONDE ?


CE QUE JE PERÇOIS

Excenevez. Je me suis assis sur un banc, face au lac. Heureusement. J’ai pu me poser un peu. Sinon je traverse, avec toujours cette même sorte de hâte d’aller quelque part, de faire vite, de ne pas traîner, d’en finir. L’ambiance était très particulière. Premier jour de l’an, tout est fermé, tout, et le monde est à la montagne ou au lit. Il n’y a pas un bruit, de très rares voitures circulent, j’ai croisé environ dix personnes en tout. Pas une voix qui résonne. Toutes les maisons sont éteintes, la plupart les volets clos. Et ce n’est pas comme la nature sans Hommes, ce n’est pas le même calme, pas le même silence, car il y a des maisons, tous les signes des présences humaines, sans les présences humaines. Post apocalyptique, après monde. Apaisant et inquiétant en même temps. Le lac était parfaitement plat, couvert d’un immense drap gris sombre, avec au loin les Alpes qui scintillaient majestueusement dans des lueurs jaunes et bleues, griffées de pâles horizontales qu’on devinait être de la neige et du vent. Je n’avais rien dans le ventre et pas la moindre enseigne d’ouverte. La faim est finalement passée, j’ai pu me concentrer sur quelques images.

CE QUE JE RESSENS

Je suis fasciné, sans emphase, rendu muet et vaguement sonné. À part le reste de faim, et ce réflexe d’agitation, je ne sens pas grand-chose. Le froid. Sans parole, sans question, sans présence fantôme. Deux matières se rencontrent et se chevauchent : un calme mutique et bête, et une inquiétude alerte en retrait. Je sens ces deux compositions, ces deux terrains. La vigilance contrôle et reste aux aguets, depuis quelque tour reculée, tandis que la part sidérée pourrait peut-être passer des jours entiers à ne rien faire et ne rien penser, contemplant les ciels d’un air médusé, tranquillement amorphe et stupide. Encore une fois, l’identique de ce que j’éprouve au-dedans et de ce que je vois au-dehors est frappante. Je perçois du dehors ce qui a lieu dedans. Ma subjectivité imprègne le monde, lui donne sa consistance. Je pourrais croire que ce que je perçois est ce que je vois du dehors, tandis que c’est avant tout ce que je ressens au dedans (et que souvent je ne reconnais pas, pas encore, pas du tout.) J’invente le monde avec la seule chose que je peux réellement connaître, et je suis persuadé qu’il est fait de cette pâte dont je le façonne. Il semblerait que nous fassions tous cela, à chaque instant.


WHAT WE ARE est un court film poétique où je parle des histoires qu’il faut se raconter pour tenir le monde en place – cette subjectivité dont, il me semble, on imprègne le monde sans toujours s’en rendre compte.

 
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Un autre texte sur ce phénomène de projection: L’ennui du dehors était dedans


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One Comment

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