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Biographie plexus | poetic folk

Songwriter inspiré, chanteur-guitariste, Plexus propose un poetic folk mélancolique, lyrique et terreux.
Plexus plonge ses cordes dans la pâte à humeurs et en sort des chansons couleur spleen émerveillé.

Biographique plexus

Nous rentrions de Frigourg-en-Brisgau en voiture, je venais d’apprendre mes premiers accords sur la guitare des amis allemands et, afin de pouvoir m’entraîner durant le trajet, j’avais confectionné un pseudo-manche : une mince planche de bois, dont j’avais entaillé les extrémités pour y glisser des fils de laine en guise de cordes. Après avoir dessiné les cases sur la face de la planche, il ne me restait plus qu’à poser mes doigts dans les bons emplacements. Do, sol, ré, la… On the road!

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C’est ensuite sur les enregistrements poussiéreux de John Lee Hooker que j’ai commencé de racler sérieusement mes doigts à force de déchiffrer les solos minimalistes du maître. Une heureuse coïncidence entre mes facultés à l’état naissant, mon goût positivement disposé et l’épure sensible de ses chorus m’a permis d’initier mon éducation musicale sur les terres originelles du blues, dont je garde les précieuses séquelles sous les doigts – même s’ils ne tissent guère plus que des accords. Je puisais dans la discothèque paternelle (Big Bill Broonzy, Hendrix, Mayall and co.) aux sources jubilatoires de ces guitaristes qui ont formé ma perception du si vénéré feeling, vibrant sous leurs touchés habités. Je garderai ainsi toujours la préférence pour l’expressivité de deux pauvres notes bien senties plutôt que celles qui déboulent en cascades et défilés impressionnants – même si les tournures agitées et délicieuses d’un S.R.Vaughan, les épates lyriques d’un Slash ou les circonvolutions amphigouriques de John Scofield sauront également me faire trembler. (Notons que chacun porte les stigmates avérés d’une initiation pure et dure à la mystique « blue note »…)

Tout a donc commencé par la guitare. Vers 15 ans. Le blues, first steps, premières errances, premiers flirts mélodiques, première passion : le carré, la sueur, l’âme. Dans le monde propret de la ville calviniste et contre la peau lisse de mes inhibitions, ces grognements gutturaux, ces refrains obsessionnels, ces beats binaires et rustres, l’imprécision sale, sensible et libre de cette musique endiablée, tous ces éléments venaient animer les pulsions contenues, réveiller les élans timides d’un garçon bien élevé, le cœur entravé par le mariage malheureux de son éducation et de son tempérament, suscitant un soupçon (tout intérieur) de révolte dans l’ordre policé d’une vie par ailleurs fort sage… L’amitié s’en est mêlée, la meilleure a apporté ses baguettes pour taper dans nos chambres respectives sur le dos des chaises, et accompagner mon mimétisme maladroit mais formateur. On se réinventait un ailleurs, dans ce monde lointain d’une culture qui nous fascinait, nous prenait aux tripes. Un troisième pote sur le chemin et la première formation électrique – premiers jacks, premiers amplis, ça gueule dans la cave, les wha-wha déchirent les murs et les tympans, ça claque sec sur les peaux tendues, sur nos visages les grimaces hallucinées de trois Voodoo Chile en transe, bonheur au sous-sol ! Comme une gangrène, la musique gagne alors du terrain dans les préoccupations, fait sa place dans les rêves, creuse son trou dans les chairs. Pendant les cours, dès que je m’ennuie, je visualise et chante in petto les solos que je connais par cœur, j’en improvise d’autres et mes doigts dansent sous le bureau, univers à portée d’esprit qui permet d’échapper à tout ce qui emmerde et fait mal. Grosse revanche intérieure sur toutes les frustrations libidinales, regain d’amour-propre, aire de liberté secrète, la musique joue sur plusieurs étages, nourrit les différentes strates de ma personne en pleine construction. Le blues a fini par trouver ses marques dans le funk-fusion-mal-léché qui explosa à nos gueules en écoutant le Blood Sugar Sex Magic des « Red Hot Chili Peppers ». Passent 10 ans avec le trio de base et des électrons plus ou moins libres gravitant autour, dont il ne reste malheureusement nulle trace sonore idoine à en partager l’émission… Les compositions originales et la passion n’ont pourtant pas manqué !

Après le départ en voyage de l’ami batteur, l’aventure a continué quelques années et laissé derrière elle ces quelques titres, écoutables sur la page de notre nom d’alors : Addis Club (mis en boite chez Sure Shot Records) – formation dont certains membres agissent désormais chez les PapasRojas. J’ai cessé l’addiction funkienne quelques années avant d’en remettre une couche avec les ex de Delicatefunk dont nous avions partagé le local et le bassiste. Un demi-lustre pour des jams orgasmiques à profusion, qui n’avaient d’égal en intensité et en inventivité que les échauffourées intestines ! Au local ou à ciel ouvert (Play-Mobil et notre générateur à essence), pour finalement l’élection de quelques titres enregistrés chez Wood Studio sous le nom de Playtime Syndicate. Avant de faire ce que nous ne saurions définir être une fin ou une parenthèse…

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En parallèle de ces aires joueuses et légères, une force de gravité n’a eu cesse de tirer à elle des forces plus intérieures et retournées. Plexus. La parole cherchait sa voix, ne trouvant pas toute l’expression de ses nécessités dans le langage sibyllin des cordes frappées, tirées, cassées. Il fallait du souffle et des mots. Les chansons se sont accumulées au fil des ans, quelques cassettes et démos enregistrées maison, tandis que problèmes vocaux et terreurs ontologiques ont mené la vie dure à la part visible de cette production. Une fois les réflexes organiques remis en meilleure disposition (nécessitant phoniatrie et rééducation vocale), il restait cependant les terreurs, et ce sont elles qui ont fait la rareté de mes apparitions depuis lors, transformant chacune d’entre elles en une expérience où le plaisir avait déserté sans laisser la moindre trace, le territoire étant tout entièrement occupé par les tensions et l’invalidante absence qu’il me venait de gérer ces situations éprouvantes. J’ai eu mes premiers instants de présence pleine et calme sur la scène de Marche à l’Onde en mai 2009, et depuis je continue progressivement d’évaser ces instants en plages grandissantes de plaisir et d’émulation. Une jolie perspective!…