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Bio photo & démarche

Biographie du Photographe

boris dunand photographe facebookboris dunand photographe instagramJe prends des photos comme on écrit un poème: pour témoigner de l’indicible merveilleux.

Je photographie comme j’écris: pour essayer de faire honneur à ce qu’il y a de sacré dans le seul fait d’être, de sentir et de pouvoir en manifester quelque chose.

biographie du photographe boris dunand

Aléatoirement compagnie d’attente ou urgence sensible, occupation récréative ou quête identitaire, mes photographies résultent d’une inspiration polymorphe. Il est difficile de dire simplement ce qui vient du dedans et ce qui arrive du dehors. Au centre, toujours: le désir de l’image et un état de disponibilité, d’attention. La qualité esthétique organise mon regard. Le besoin d’imprimer une beauté perçue réagit aux menaces de l’oubli. Les états de sidération face aux paysages grandioses sont rassemblés, contenus. Il y a ce que mon œil semble fabriquer tout seul, coupant dans le paysage, cadrant la scène avant que l’appareil photographique ne soit présent. Une humeur, une personne, un temps mort peuvent susciter mon désir. Promenades, voyages, pauses sont des temps privilégiés pour me rendre disponible. La solitude et l’empreinte poétique de ce qui m’environne font un moule idéal pour cueillir ces traces silencieuses. J’espère témoigner d’un regard fasciné, émerveillé, troublé.

Je prends les images qui me saisissent. L’équilibre de la composition est sans doute l’une de mes principales préoccupations. C’est d’ailleurs elle qui s’annonce en premier, intuitivement: je vois souvent l’image avant de la prendre, de la cadrer. La force esthétique d’un assemblage de lignes, de formes, de couleurs s’impose à ma perception et me donne envie d’en saisir l’essence. Le geste photographique est rapide, instinctif, immédiat: la structure se donne d’emblée. Cette légèreté d’action accompagne des sentiments d’une grande profondeur face à l’impact de l’image. Il y a quelque chose du saisissement existentiel, du tremblement intérieur, au minimum de la vibration poétique au sein de chaque photographie gardée, choisie.

Mon exigence se pose sur le détail qui ponctue l’harmonie et sur l’équilibre de l’ensemble. Elle vient aussi questionner sans cesse l’étrange nature de ce geste (davantage encore devant la profusion illimitée des images), tout en reconnaissant son impérieuse nécessité: l’acte créatif me donne une assise, un lieu où être. Interrogations ouvertes et réponses qui ne cherchent pas à trancher: cette ambivalence fondamentale entre la futilité et la gravité me semble comprise en toutes choses.

Très attiré depuis toujours par le format carré, l’arrivée des smartphones et de l’application instagram a été une occasion réjouissante de m’y adonner enfin. J’ai par la suite fait l’acquisition d’un Fuji XE-1 qui propose également ce format à la prise de vue, tout en étendant les possibilités et en restant un appareil léger, discret, simple. Si je ne retouche quasiment jamais au cadrage source, je peux chercher très longtemps le rendu final qui me donne satisfaction (teintes, contrastes, couleurs, etc.). Depuis fin 2014, j’essaye de me dégager de mes habitudes, en tentant des déformations à la prise de vue. C’est comme un lieu d’exploration que je viens d’ouvrir, en parallèle des prises plus immédiates.

L’image terminée s’annonce par une sensation vague, diffuse et nette à la fois, de contentement.

Juillet 2015

 

BIOGRAPHIEbiographie du photographe boris dunand

Il y a eu les appareils qui traînaient sous les doigts potelés de l’enfant, les images des rituelles vacances le long des routes et des paysages sillonnés, une pratique familiale partagée où se jouaient de pseudo-concours qui introduisaient le rire tout en exacerbant la recherche, les intentions affectives de la mère et l’esthétisme sensible du père, la fragilité de la sœur en creux… Puis vint la passion adolescente, née comme toute passion: mystérieuse et conditionnée… Un peu de laboratoire, sans jamais trop adorer les longues heures dans la pénombre des révélateurs et les odeurs acides, mais volontiers concentré sur la manipulation des secondes pour voir l’image se dessiner au plus près de l’attendu – comme aujourd’hui l’attention peut se focaliser intensivement devant l’écran d’ordinateur pour tirer sur les manettes d’applications sommaires et appuyer tel contraste, apaiser telle lumière, souligner tel pli de forme…

Rapidement accompagnée de deux compagnes, l’écriture et la musique, la photographie s’est installée dans les heures creuses, tandis que la plume et les mélodies prenaient les devants. Chacune de ces passions rappelant la nécessité de leur présence pour garder vivant celui qui, simultanément, s’accommodait d’études plus académiques. Longue et délicate jonglerie de besoins expressifs, créatifs, récréatifs, de curiosité déployée et de contraintes sociales. L’arrivée du format numérique a clairement pourvu d’un second souffle la présence de l’image: petits appareils en poche, le besoin de discrétion pouvant trouver son confort dans la presque invisibilité du geste, frais nettement amoindris permettant d’oublier les coûts du plaisir, immédiateté du rendu: formule magique pour un spécimen de la génération Y ! En outre, les compacts permettaient la capture en toutes occasions: temps musicaux et promenade de futures inspirations poétiques sont désormais facilement ponctués d’instantanés qui leur font écho. Un goût peu conscient pour le format carré, retenu par le prix exorbitant des appareils idoines, s’est littéralement précipité sur la proposition des smartphones et de leurs applications: une vraie joie, comme un cadeau, une chance. Enfin, le partage sur les plateformes du réseau internet est venu appuyer, nourrir, relancer, entraîner, grandir, le jeu, le plaisir, la conscience, les retours…

Peut-être cette présentation le suggère sans le dire explicitement: l’image naît à l’occasion d’une expérience non photographique. Même si forcément intimement relié aux modalités sensibles des vécus et de leur subjectivité, l’acte est traité par des zones peu élaborées du pensé. Il n’y a pas de démarche, nulle conceptualisation de l’habitude, pas plus qu’il n’y a de « sortie photos ». Il y a des promenades pour la promenade, accompagnées ou pas d’un appareil (souvent le téléphone portable) où l’image ajoute d’ailleurs autant qu’elle enlève: la présence n’est pas la même, le regard sans capteur laisse plus d’intériorité, l’attention aux possibles cadres surgis de l’alentour fait quitter un peu les éprouvés et installe vaguement au-dehors de soi. Mais, donc, essentiellement, des contacts sensibles avec l’environnement, des gestalts qui s’imposent au regard; des chocs esthétiques, émotions dont l’ineffable est rassemblé, formé, rendu signifiant par cette mise en boîte, cette capture proprement dite; des bouffées d’angoisse qui trouvent rassurance dans le souvenir noté, imprimé quelque part; des joies du regard qui appellent la saisie, font vibrer le désir du partage, du témoignage. Une ordonnance naïve, spontanée et qui tient à préserver, dans l’acte, sa nature irréfléchie, tant la rationalité envahi de partout les terrains bruts du sensitif, trop souvent en les dévitalisant. Une image n’est évidemment jamais simple, mais c’est de la vivre davantage que de la penser qui se fait ici.