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Les causes de mon ennui

L’ENNUI QUI PROTÈGE DU DÉSIR


L’ENNUI – utile ?

Je laisse le temps filer, je fais comme si je ne voyais pas. Je pose mon attention sur les objets qui la sidèrent, une vaste nappe d’oubli me recouvre le corps, et avant que je ne me réveille, trente minutes, une heure, se sont écoulées. J’essaye un instant de me ressaisir, et peut-être que je vais trouver de quoi rendre la prochaine parenthèse plus productive, plus active, si j’installe la bonne accroche sous les yeux de mon intérêt comateux. Les journées sont comme de courts tunnels lumineux, pendant lesquels il se passe quelque chose et j’y suis le protagoniste affairé, le réalisateur présent. Mais les tenailles d’une étrange nuit semblent prendre largement le dessus et confiner ces éveils à de petits interstices, de menues entreprises vouées à pas grand-chose.

LE DÉSIR

Je devine deux instances : un évitement massif de ce qui pourrait être éprouvé dans la marge de pénombre, dans cet épouvantable ennui, et un sentiment mélangé d’impuissance et d’être démuni. Mais c’est cela qui est évité en fait. Je sens et connais les désirs et les élans qui m’habitent au sein de cette immobilité, de ces absences. Je me sens juste complètement perdu quant à leur donner vie. Et ce lieu de « je ne sais pas comment », je peine à y être, à y entrer, encore plus à y rester. Sentir et me laisser être ce « je ne sais pas comment m’y prendre », ça pourrait presque me faire paniquer (ce qui donne du sens à l’évitement). Oui, la perception s’affine à mesure que je m’approche, des liens se créent avec certains mouvements que j’ai récemment rencontrés de moi: typiquement ces scénarios qui écrivent les choses à l’avance, qui sont sûrs de pouvoir prévoir, cartographier, inventorier, et m’assurent que la quantité d’inconnu en jeu est négociable. Qui croient et me font croire qu’ils savent, et ce faisant me permettent d’oser faire, d’agir mes désirs avec un relatif sentiment de sécurité.

L’ENNUI UTILE

Or mes désirs du moment m’invitent à des lieux où ces stratégies ne peuvent pas opérer. La charge d’imprévisible est trop grande, trop forte. Alors ça se fige, ça tombe dans l’ennui et ça tente d’anesthésier la faim en se laissant hypnotiser par tout ce qui peut absorber ma contemplation.

Effectivement, quels dévorants désirs, ces longs poissons qui serpentent dans les eaux tamisées de mes chairs, sortes de musaraignes évoluant au sein de lueurs fantomatiques, gardant un oeil tourné vers la surface, petits éclairs qui atteignent mon regard courbé sur les fascinations de son oubli ! Il y a de quoi être inquiété, il y a de quoi s’ennuyer au chaud !


Ma chanson « Roaming Steps » évoque les tortueux et hasardeux chemins de l’accès à soi et à sa vie.

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