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Photographier Kevin Morby


Les ai pas trouvé sympas
Du coup pas osé faire tous les portraits que je fais d’habitude avec tant de plaisir
Me suis vexé
Je finis, soudainement conscient du réseau de blessures
Animées
Qui me rendent mauvais de l’intérieur
Distant et craintif du dehors
Touché dans ces zones
Où la valeur de soi n’existe plus, n’existe pas, n’a peut-être jamais existé
Touchant lieu de vie touchée
À vif et vivante maintenant que je la reçois
Certaines modalités du rapport occasionnent cela
Cet anéantissement
Cette détestation du dehors
De ne pouvoir reconnaître tout de suite
Le blessé, le manque, le frustré, le déçu

Kevin Morby PhotographyAlbum sur Facebook / Bientôt davantage sur mon site professionnel 


Hier soir, Kevin Morby photography

Ce matin encore, mon humeur est entachée par ce que j’ai ressenti, et mon travail sur les photos a été rendu vraiment pénible. Aucun plaisir.

Une rencontre ratée

Tout a commencé quand je suis arrivé. J’ai posé mon vélo contre l’arbre, je me suis retourné et j’ai vu Kevin et son guitariste qui rigolaient en me regardant. Peut-être qu’ils discutaient d’une chose qui les faisait rire et leur regard porté devant eux tombait forcément sur moi – mais moi j’ai tiqué, sans bien m’en rendre compte. Immédiatement à me sentir moche, ringard, pas cool. Sans compter la transpiration (on est en canicule depuis plusieurs jours et ça risque de durer toute la semaine). Le deuxième impact a eu lieu quand je me suis approché d’eux un moment plus tard avec mon appareil en leur annonçant : « I’m gonna be your photograph for tonight, do you mind if I take some random pictures now ? » Kevin : « You want to take pictures now ? » l’air ça m’arrange pas, je précise que c’est juste pendant qu’ils attendent et discutent, qu’ils n’ont pas besoin de poser, Jakob m’aidant : « Boris is in our crew, he’ll take pictures of the concert » – « Oh ok, well then », et les autres accordant de vagues « I don’t mind ». Mais pas un sourire, pas le moindre signe de bienvenue, d’accueil, d’ouverture. Chloé, avec laquelle je discute plus tard, me dira avoir ressenti le même ennui de leur part à ce moment-là. Je fais quelques images, tout en me sentant intrusif et gênant. Après quelques minutes et quelques captures faites à la va-vite, je laisse tomber. Le reste du concert, j’oublie, les ambiances sont belles, les clichés faciles.

En rentrant sur mon vélo dans la nuit, il m’a semblé sentir deux mouvements en moi : l’un qui (dans un délire de toute puissance) aurait pu avoir envie de saccager toutes les images et de leur mettre sous leur nez le résultat de leur attitude en les accolant aux autres concerts, pour qu’ils voient la différence et regrettent, l’autre (tout aussi prétentieuse) qui dit : “ok, très bien, vous regretterez demain, quand vous verrez les images, de ne pas avoir été plus cool, de m’avoir si peu et si mal considéré”. Ces deux mouvements trahissant ma blessure, ma vexation. En réalité, j’ai fait comme d’habitude, en me sentant seulement moins à l’aise en leur présence et avec moins de plaisir.

Et la routine

Il y a eu un autre challenge : j’ai découvert l’ennui d’une routine, de scènes trop connues, d’un manque d’excitation dans la quête. C’était mon troisième concert à la Scène Ella Fitzgerald. Je savais d’avance où j’allais me placer, quels angles étaient intéressants, avec quelles lumières jouer. Me suis vite lassé, et heureusement que j’ai senti ce qu’il se passait, parce que du coup j’ai pu m’offrir des solutions en cherchant simplement à aller me placer dans des lieux que je n’avais pas encore utilisés, à faire des assemblages en double exposition non usités. Mais c’est un réel défi que je viens de découvrir. Un ennui intéressant: il oblige à la créativité.

– boris dunand

kevin morby photography

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