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entre deux silences

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Tout ce qui n’existe plus. Là, au milieu de ces regards. Tout ce qui disparaît du réel: ses bords en à-pics, ses murs immenses, son infinie limite. L’incessante fatigue à révéler chez nous la frustration, le manque, le défaut. Évanouis les sables où chaque pas demande les forces du vouloir. Les gestes sont des battements d’ailes, juste de quoi rester haut, portés par l’évidence. L’humeur qui émerge, vague mer tranquille, grand ciel indolent, une longue route peignant le paysage d’un trait – droit, serein, pur. La vie cache ses ombres, nous sommes dans un espace aux couleurs douces et franches, joliment dessinées. Toutes les complications se sont logées dans ce nid qui gît quelque part, au devant des semaines – un destin décidé d’avance qui libère la voie, capte en lui tous les enjeux, donne aux cœurs des libertés enchanteresses. Sans ce trou blanc où se réfugie chacun des troubles possibles, cette paix diaphane n’aurait pas conquis nos poitrines – il y creuse pourtant une note aigre-douce, la source d’un parfum de fleurs et de pluies. Sans les angoisses, il ne reste presque rien, l’essentiel. Des plaisirs, des appétits, un accord où deux solitudes s’oublient. Le temps tombe au sol et dort, enfoui dans l’herbe douce. Marcher sur les nuages y ressemblerait sans doute. Les villes sont de lointains fantômes, les déguisements mondains pendent aux armoires, les horaires s’éprouvent en comptant les gouttes de soleil. Toute contrainte vient du dedans, ou d’un corps si proche qu’elle fait à peine un bruit, une secousse. Faim, désir, sommeil. C’est un mouvement d’eau, de vent, de lave, qui s’étend, roule et trouve le chemin de ses nécessités. Il s’accommode sans s’en rendre compte de l’écharde, du creux, des branches. L’enfance des vacances toute là, dans ce rythme alangui des heures, l’insouciance et la légèreté conquise en ne faisant que rire et respirer.