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David et Pablo / Un duo plutôt qu’un duel

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Faut-il tout savoir d’un tableau? Fut-ce possible, sans doute pas nécessaire. Pour ressentir, les sens d’abord, dirions-nous. Cependant certaines théories sur l’émotion conviennent qu’une grande partie de notre appréciation sensible des choses passe par l’intellect. L’impact brut de ce qu’on sent se teinte indéniablement de ce que l’on sait. Alors, parfois, plus d’informations mène à plus de résonances, plus de vibrations, d’étonnement, de ravissement. Il en va sans doute ainsi de cette toile dont le Musée d’Art et d’Histoire (MAH) se réjouit la propriété: les Baigneurs à la Garoupe (légué en 1984 par Marina-petite-fille du peintre).

Une nuit, Picasso pose un premier trait en haut à gauche, et, quelques minutes plus tard, ajuste le dernier en bas à droite. Quelqu’un est là, dans son dos, discrètement posté dans la pénombre, appuyant délicatement sur le déclencheur de son appareil. David Douglas Duncan, photographe américain des grandes guerres sait à la fois se faire discret et intensément présent. Que ce soit sur les champs de bataille ou sous le toit amical de l’artiste, il témoigne d’instants capitaux, dramatiques en souffrances comme en joies, en destruction comme en créativité. Nous apprenons d’un seul coup d’œil que l’œuvre capitale s’est nourrie de sculptures et d’ombres, d’un autre temps de maturation, qu’elle est née dans la gravité de la nuit et la légèreté du jeu, dans l’intimité d’une amitié, qu’elle a donné des danses et des rires. Visible, le rapport vivant entretenu entre la toile et les corps, l’homme et l’objet, ajoute sans aucun doute à nos émotions.

Fragment de la belle exposition qui réunit (jusqu’au 3 février) les traces d’une rencontre peu ordinaire, ces images pourraient rester à la disposition de nos regards curieux et envoûtés… Si, et seulement si, l’offre exceptionnelle faite au MAH de les acquérir pour 200’000.- lui devient accessible grâce aux dons du public, à vos dons – les fonds publics manquant. Une envie de participer au patrimoine culturel? En retour vous aurez acquis le privilège de pouvoir vous glisser entre les pigments pour sentir un peu mieux et savoir un peu plus…

 (Sous l’image) Comment faire un don?

  • Déposer anonymement le montant souhaité dans l’urne à dons qui se trouve à l’entrée du musée, 2 rue Charles-Galland

  • BVR: Musée d’art et d’histoire
    Banque cantonale de Genève ou BCG
    IBAN: CH66 0078 8000 H115 0026 0
    CCP 12-818-0
    Réf : Donation photos D.D.Duncan

  • Se rendre sur www.ville-ge.ch/mah et suivre les démarches proposées

 

Signé: Boris Dunand / pour le journal Nouvelles de quartier